Quel est le QI de Katy Perry ?

katy_perry

J’avoue avoir quelque peu délaissé cet endroit ces derniers mois, preuve que non, on ne fout pas rien en master Com. On peut même dire que j’ai travaillé autant qu’un certain parfumeur retraité et sénile qui fait rire Elise Lucé (j’aime bien glisser des allusions codées à des scandales vieux d’un an, ça donne l’impression que je suis au courant de l’actualité et que mes lecteurs me comprennent, c’est parce que je suis en train de devenir bobo – ou peut-être une sale connasse parisienne, ça dépend des points de vue).

Sauf qu’une vraie connasse parisienne n’écouterait pas Evanescence à fond en chantant faux chez elle à minuit un samedi soir (pas par nostalgie ou tendance suicidaire, juste parce que j’aime bien) (wake me up insiiiide wake me up insiiiide).

Le silence n’a pas empêché tout un tas de gens de tomber sur ce blog, notamment grâce à des recherches google, quelque peu inattendues parfois, au cours des 30 derniers jours.

Les philosophes :

les questions qu’on se pose à l’âge adulte
pourquoi tu aime vivre au village ?
être ou ne pas être puis je philosopher seul monologue

Les précis :

rédiger un paragraphe parle d’un personne qui fait un travail qu’il n’aime pas
chute d’une nouvelle au sujet d’un cordonnier
un lapin a tué un chasseur parle

Les… on comprend pas trop :

swann d’aujourd’hui table basse
faire la bise main hanche
appel offre 27.2.2012 orge
une conversation téléphonique qui va vous surprendre !
anonyme du mot subjectivement

Les bizarres :
steve jobs et des enfants
film porno en noir et blanc 1930
film porno muet des années 1930
films poros vendus sous le manteaux en noir et blanc

Mes préférés :

site marrant —–> Bravo, c’est ici !
quelle est le qi de katy perry —–> mouahah
faire chose improbable la nuit
logiciel extraction subjectivité
mes yaourts moisissent —–> tiens, j’ai pas encore testé
photo de moisissure sur des saucissons —–> challenge accepted

Brise

Andrej2

C’est bien gentil de remettre en cause ses certitudes, supprimer les barrière entre les catégories, arrêter de vouloir à tout prix se conformer aux règles non-écrites des relations sociales, sauf que tout le monde n’en fait pas forcément autant.

Du coup les attentes, les interprétations, les mots ne sont plus tout à fait les mêmes.

On fait quoi, dans ces cas-là ?
On modifie à nouveau les réglages pour s’accorder sur un demi ton de compromis ?
Est-ce que commencer par un compromis, ça ne compromet pas sérieusement la suite ?

Je suis myope, c’est marqué dans mes gènes que je suis faite pour vivre dans le flou. Le problème, c’est qu’alors je sais plus si les mots sont trop aiguisés, donc blessants, ou trop vagues, donc menteurs.

Réflexion faite, il est bon de se poser des questions mais il serait peut-être temps d’arrêter d’hésiter sans fin par peur de mal faire, voire de faire mal, c’est plutôt le moment de profiter de ma chance et de voir où elle m’entraîne. Jusque-là, elle a bien fait les choses.

Grandir dans un village, ou Pourquoi j’aime la foule.

Pissenlit

La semaine dernière, quelqu’un m’a dit que vivre à Paris, c’est pénible parce que le rythme est épuisant et on est écrasé par la foule, le bruit, le mouvement permanent.

Paris, je n’ai pas pu la laisser dire ça, j’ai pris ta défense.

Je lui ai dit que vivre à Paris, c’était une chance incroyable, que ce rythme me donne envie de bouger, que le mouvement c’est la vie et que la foule anonyme, ça a du bon.

Parce que j’ai grandi dans un village.

Pour beaucoup de gens (ceux qui n’ont pas grandi dans un village), “grandir dans un village” ça veut dire courir dans les champs quand on est enfant, faire des bouquets de coquelicot pour sa maman, élever des poules rousses au fond du jardin, faire des promenades en famille dans des chemins avec de la boue tous les week-ends, puis devenir ado et retourner dans les champs en plein orage pour crier son désespoir avant de faire l’amour pour la première fois dans les herbes hautes voire dans le foin.

Que les choses soient claires, je n’ai jamais rien fait de tout ça, d’ailleurs je déteste les promenades et j’ai peur des vers de terre. Ah, si, les bouquets de coquelicot, j’avoue.

Grandir dans un village, en réalité, ça signifie que tes voisins ont tous l’âge de ta grand-mère et que tes amis habitent dans le meilleur des cas dans le village d’à côté, à 5km. Quand tu arrives au lycée, tes amis vivent en moyenne à 15km de chez toi. Et il n’y a bien sûr pas de service de transports en communs pour relier ces différents villages, sauf le service de ramassage scolaire, qui n’est généralement pas très actif le week-end.

Grandir dans un village, ça signifie que le silence est le son par défaut et que c’est un évènement quand il est remplacé par autre chose. Les exclamations “oh c’est bien chez vous, qu’est-ce que c’est silencieux !” sont donc invalides, ça revient à dire qu’il y a de l’air pour respirer ou qu’un participant à une émission de télé-réalité est stupide : c’est seulement quand ça n’est pas le cas que ça vaut la peine d’en parler.

Mais surtout, grandir dans un village, ça signifie qu’il est impossible d’aller en centre-ville (le centre-ville de la petite ville la plus proche, il n’y a pas de centre à proprement parler dans mon village, juste deux rues qui se croisent) impossible d’aller en centre-ville sans rencontrer quelqu’un qui te connait. Parce que de toute façon, tout le monde te connaît.

J’ai pourtant des années d’entraînement mais c’est impossible. Tu peux passer par les petites rues qui contournent la place centrale, aller dans une putain de boutique où personne de ton entourage ne va jamais (une mercerie qui vend de la laine par exemple – oui ami parisien, le mot “mercerie” existe toujours et il y a même un cordonnier juste en face, c’est un peu le Moyen-Age par chez moi, que veux-tu), tu peux choisir un jour de semaine, un après-midi, quand tout le monde est censé travailler, eh ben tu tomberas quand même toujours sur quelqu’un qui viendra te dire bonjour.

Parfois, bonne pioche, c’est un ami que t’as pas vu depuis longtemps et ça fait plaisir. Mais le plus souvent, c’est quelqu’un à qui tu n’as absolument rien à dire. Une très vieille connaissance de collège avec qui tu échanges le fameux regard “je sais qu’on se connait mais c’est pas moi qui engagerai la conversation en premier au cas où en fait on se connaîtrait pas”. La maman d’une amie, que tu aimes beaucoup et qui te connaît depuis toute petite mais bon tu vas peut-être pas non plus taper la discute une heure et lui raconter ta dernière cuite. Une voisine folle qui s’est prise d’affection pour toi. La caissière de la boutique où tu as fait ton stage d’observation en 3e. Un ancien prof sadique – mais ça va, eux en général ils se souviennent pas de ma gueule, surtout depuis que j’ai les cheveux courts et plus de lunettes.

Quand je suis arrivée à Paris, j’ai trouvé les gens ouverts et faciles à aborder.
Je viens de la seule région de France où les gens entretiennent des relations encore moins cordiales qu’à Paris, faut croire. Les gens ont beau se dire bonjour dans la rue, j’ai davantage l’impression de passer un test d’aptitude à la conduite d’une bonne vie morale que de discuter avec une vieille connaissance quand je croise quelqu’un dans ce centre-ville.

Du coup, la ville anonyme, j’en rêvais quand j’ai eu 18 ans. Et je l’ai eue. Et je l’aime, putain.

Demain, je rentre à Paris. Et même si je continuerai longtemps de dire que je “rentre chez mes parents”, même si je ne me reconnais pas dans le mot “parisienne”, même si cette ville a aussi plein de défauts, c’est à Paris que je me sens chez moi parce que c’est là que je peux être moi et m’en foutre de ce qu’on en pensera.

Dans la tanière de l’ogre

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Considérant que Swan a la flemme,
Considérant que son appart va être mis dans un sacré bordel au cours de la nuit qui vient,
Considérant que c’est ça ou acheter des pâtes pour tout le monde mais pas le temps de faire les deux,
Considérant que la réputation de Swan en matière de rangement n’est de toute façon plus rattrapable,
Les personnalités internes à Swan on décidé que c’était pas la peine de ranger son appart.

“Vous voulez de la sauce avec vos pâtes ?
- Euh ça dépend, elle est ouverte depuis combien de temps ?”

Depuis que j’ai écrit cet article sur les moisissures et que ma photo de profil Fb représente du café moisi, il y a toute une légende qui est en train de se former autour de ma soi-disant saleté.
Si on ajoute à ça mes échecs culinaires et mon manque d’amour pour les enfants, il ne va pas falloir longtemps avant qu’on m’assimile à un ogre vert avec des oreilles-tubes sur le dessus de la tête.

(Voilà l’envers du décor de la photo qui illustrait l’event Fb)

Pour l’instant, ça n’empêche pas les gens de se taper 5 étages sans ascenseur pour me rendre visite – c’est peut-être l’effet “monstre de foire” ceci dit.

Du coup hier soir, on s’est entassés à 12 autour de ma table basse.
On a mangé du saucisson, plein de fromages et des pâtes fraîches (et des pâtes pas fraîches avec de la poussière dedans en ce qui concerne AS).
On a regardé deux fois la vidéo de M. qui monte sur une planche.
On a fait fondre les pieds de mon égouttoir et on a inventé le grille-pain allume-cigarette.
On s’est fait des déclarations de non-détestation et on a prévu un dîner de réconciliation avec les gens qu’on n’aime pas.
On a appris que l’ancêtre d’une des invitées était mort décapité par un ascenseur et qu’on pouvait mourir à 30 ans en faisant des roulades près d’un précipice.
On a failli se disputer à propos des chances de survie de ma plante carnivore et des conditions optimales de culture des Dionaea muscipula.
On a compris que le mot “sondage” ne voulait pas dire “demander l’avis des gens et faire des statistiques” dans le langage des ingénieurs.
On a débattu à propos du sionisme, de la Palestine et de l’antisémitisme avant de découvrir qu’emportés par la passion, on avait oublié l’heure du dernier métro.

Bilan de la soirée : rien de cassé, juste un égouttoir aux pieds fondus, un appart pas sensiblement plus sale qu’avant… J’ai même gagné un gilet gris. Vous êtes bien élevés, c’est bien, je vous réinviterai.

Uniformisation

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La vie n’est pas un conte, mais parfois il y a des éléments perturbateurs qui arrivent au bon moment.

Quand est-ce qu’on passe de l’adolescence à l’âge adulte ? Est-ce que ça se mesure en nombre de compromis ?

Il y a beaucoup de questions qui semblaient ne plus se poser, des sujets qui n’étaient plus évoqués parce que c’est toujours plus simple de croire qu’on en a fait le tour plutôt que de se fatiguer à les tordre encore dans tous les sens.

Est-ce donc vrai qu’on est si malléable ?
Est-il possible de devenir si semblable à tous ces autres alors qu’on croit toujours exercer son esprit critique ?
Pourquoi se persuader qu’on est original quand on tremble de provoquer la moindre onde à la surface ?

“Tous les gens sont intéressants. Les gens ennuyeux, ceux qui t’ennuient au bout de deux secondes, sont les plus intéressants.”

Je suis toujours fascinée de voir comme les mots, les expressions, les idées peuvent soudain ricocher par coïncidence et nous donner l’impression qu’il faut y voir des signes.
C’est toujours la même histoire du chapeau melon de Milan Kundera.
Il semble donc bien que chaque existence soit parcourue par ces résonances qu’on appelle aussi, selon l’humeur, obsessions ou passions.

“Ce qui est difficile dans notre métier, c’est de faire croire que ce qu’on dit est vrai et d’objectiviser les méthodes.”
Passons sur le néologisme, il reste cette quête absurde de l’objectif.

Il y a des questions que j’avais cessé de me poser, pour me simplifier la vie oui, pour pouvoir vivre. Elles restaient tout près, on peut les deviner en observant attentivement, c’est comme ces filigranes qu’on ne devine pas à l’intérieur du papier et qui sont pourtant essentiels. Intrinsèques. Voilà un des mots qui m’accompagnent partout depuis qu’ils ont pris un sens.

Ces refus qui pouvaient frôler le combat, ces “non” face à ce qu’on nous présente comme des évidences, comment peut-on les oublier, ne pas se rendre compte qu’on cède ?

Alors bien sûr, il y a l’autre versant, qui donne plus de frissons mais qui ne met pas non plus à l’abri de l’aveuglement, de l’absurde, de la fuite en avant. Avec même le risque de la régression. Certes, mais c’est ça ou rester immobile et accepter.

Le véritable risque, dans tous les cas, c’est la simplification.